26/12/2006

Quand on aime trop…

L’amour est une belle chose, qui donne envie de vivre plus fort,

qui agrandit l’espace et réduit les problèmes.

C’est un sentiment extraordinaire qui, lorsqu’il est bien vécu,

nous porte tout au long de notre vie comme un point de repère

vers lequel nous pouvons toujours revenir pour nous rassurer.

Mais il doit également être dosé,

sans quoi il peut être tout le contraire de ce que l’on croit.

 

Le principal danger de l’amour est d’aimer trop.

Il n’est pas rare de voir, dans un couple,

un des deux partenaires faire tout pour l’autre et l’idéaliser

à un point tel qu’il ne le voit même plus en tant qu’être aimé,

mais quasiment en tant qu’idole n’ayant aucun défaut

et pour qui il faut faire tout ce qu’on peut. 

L’amour n’est, cependant, pas synonyme de dépendance,

et il faut qu’il permette de partager des choses,

mais qu’il permette également de vivre ses propres activités,

indépendamment de l’autre,

afin de conserver un sain équilibre dans la vie privée. 

Il ne faut pas qu’un des deux partenaires

se mette subitement à ne partager

que les activités de l’autre pour lui faire plaisir,

au point de laisser tomber les siennes.

 

Lorsqu’on aime trop, en croyant bien faire,

on finit par ne plus être soi-même, on devient… l’autre ! 

Bien souvent, héritage des mentalités du passé,

des femmes deviennent totalement et affectivement

dépendantes de leur mari,

acceptant tout, et même ce qui est intolérable. 

Le risque est que, dans cette spirale infernale,

elles ne parviennent jamais à retrouver une certaine lucidité

qui leur permettra de reprendre pied

et d’avoir conscience de cette situation anormale. 

On peut vivre pour l’autre, dans une certaine mesure,

à condition que cette relation soit partagée,

et que « l’autre » soit à certains moments

l’un des deux partenaires,

et à d’autres moments le second. 

Mais certains, notamment poussés par la peur d’être quittés,

n’arrivent pas à envisager cet équilibre,

et font donc tout (et trop) pour l’autre

en s’oubliant totalement  dans la relation. 

Or, pour sortir d’une telle relation amoureuse déséquilibrée,

il faut avant tout prendre conscience qu’on fait

tout le contraire de ce qu’on aimerait,

 uniquement pour s’accommoder à l’autre et éviter les conflits

en acceptant tout au nom de l’amour pour l’autre. 

Pourtant, au sein d’un couple, les conflits sont naturels,

et il ne faut pas chercher à les éviter à tout prix,

car ils sont souvent là pour mettre au jour des éléments

qu’on n’imaginait peut-être pas ou auxquels

on préférait ne pas être confronté. 

Les conflits, s’ils sont intelligemment gérés,

aboutissent généralement à un mieux être

lorsqu’ils permettent de débattre à fond d’un problème. 

Or, la dépendance affective est un blocage total

à ce genre de situation, et n’engendre donc finalement

que des rancoeurs refoulées et un mal-être grandissant.

 

Sortir de ce genre de relation,

et surtout en construire une meilleure,

n’est pas à la portée de tous,

et le processus ne pourra parfois se faire qu’à l’aide

d’une thérapie personnelle, voire familiale. 

Le but final sera toutefois le même :

arriver à s’apprécier soi, en premier,

pour pouvoir aimer l’autre sans dépendance.

 

Carole Sélignan

21:37 Écrit par valpat dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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